Prendre le pouls du monde

Sarah Nicolet
Sarah Nicolet

L’Assemblée de la CMER est aussi un moyen formidable de prendre le pouls du monde. C’est ce que nous avons fait grâce aux sessions intitulées « Public Witness », « Témoignage Public » en français.

Dans ce cadre, les délégué-e-s des différentes Eglises membres ont la possibilité de soumettre des propositions au Comité directeur de la CMER. Ces propositions concernent des questions qui ne sont pas traitées dans l’ordre du jour prévu pour l’Assemblée générale. C’est une opportunité de rendre les délégués attentifs à des enjeux sensibles ou à une situation particulière affectant un pays ou une région.

Public Witness – l’occasion de témoigner d’enjeux importants

Grâce au « Public Witness », une vingtaine de questions ont été soulevées concernant des enjeux aussi variés que la situation des peuples autochtones, la protection de la création, les violences liées à l’orientation sexuelle ou le trafic d’êtres humains. A côté de ces enjeux, le « Public Witness » a aussi permis de mettre en lumière les situations dramatiques qui se jouent dans différents pays et Eglises à travers le monde, que ce soient par exemple en Corée, en Indonésie, en Amérique latine, ou au Moyen Orient.

Les propositions du « Public Witness » sont ensuite discutées dans les groupes de discernement et au sein de l’Assemblée, conduisant à l’adoption de toute une série de résolutions. Ces résolutions fixent ainsi l’agenda de la CMER pour les sept prochaines années, jusqu’à la prochaine Assemblée.

L’un de nos groupes de discernement en plein travail

Le « Public Witness » prend le pouls du monde, loin de l’agenda des médias traditionnels, en donnant une voix à celles et ceux qui souffrent, qui sont menacés, qui sont oubliés.

Einheit in der Vielfalt

Susanne Schneeberger Geisler

Die Bibelarbeit von Mitri Raheb, Pfarrer der Lutherischen Kirche in Bethlehem, wurde von der Weltgemeinschaft der Reformierten Kirchen gut aufgenommen. Raheb ging von seiner Region Palästina, dem Nahen Osten, aus. Das Christentum entstand in Palästina, am Rande des römischen Reiches. Doch weder das griechische noch das römische Reich, noch Konstantin der Grosse erreichten – trotz grosser imperialer Macht – die  Region und die christliche Gemeinschaft vollständig zu unterwerfen und den Glauben zu uniformieren.

Mitri Raheb erklärte:  „Die christliche Gemeinschaft entwickelte eine Vielfalt an religiösem Ausdruck, die sich zum Beispiel in unzähligen Bibelübersetzungen niedergeschlagen hat.“ Raheb führte weiter aus, dass die Bibel zu den Menschen in verschiedene Kontexte gebracht und in ihre Sprachen übersetzt wurde, anders als im Islam.  Der Koran als Heilige Schrift hat nur in Arabisch seine volle Gültigkeit. Mitri Raheb rief die Versammlung auf, diese Vielfalt als Reichtum der weltweiten christlichen Gemeinschaft zu sehen und für eine Einheit innerhalb der Verschiedenheit zu arbeiten und keine Uniformierung anzustreben. „Traut euch, eure eigenen kontextuellen Theologien zu entwickeln und eigene christliche Geschichten zu erzählen, insbesondere aus Afrika, Asien und Lateinamerika. Ohne eure Beiträge gibt es keine weltweite Gemeinschaft.“

 

Accord final

Serge Fornerod

(deutsche Version unten)

A quelques heures de la clôture de l’Assemblée Générale, les premiers échanges sur les éléments centraux de cette 26e réunion des Eglises issues de la Réforme suisse se déroulent à tous les niveaux. L’Assemblée a été dans l’ensemble réussie, et pour certains aspects tout à fait historique.

Réussie

On s’est donné du temps, parfois même un peu beaucoup, pour être ensemble en communion d’Eglises. Cela a fonctionné. Plus les jours passent et les échanges s’intensifient, plus le respect mutuel croît et les conflits se résolvent aisément. L’Assemblée a été concentrée, calme, chaleureuse et sérieuse.

L’égalité de la place et de la responsabilité des femmes dans l’Eglise a été consolidée avec force. Outre la déclaration sur le ministère féminin, on soulignera la majorité de femmes élues au Comité Exécutif, avec bien sûr en plus l’élection d’une femme à la Présidence, Najla Kassab, pasteure au Liban. Mais aussi le temps consacré aux injustices et violences faites aux femmes, y compris dans les Eglises.

Un autre temps fort fut la session sur la Corée, même s’il n’a peut-être pas été perçu comme tel sur le Moment, car il été orchestré au millimètre et de manière très formelle selon le protocole asiatique. Des délégations de Corée de Nord et du Sud ont partagé la sainte Cène et un repas ensemble, ont témoigné de leurs souffrances face à la division, de leur rejet de l’instrumentalisation de leur division par des grandes puissances. Qui aurait cru cela possible après l’Assemblée du COE à Busan (Corée du Sud), où la délégation nord coréenne n’avait finalement pas obtenu de visa, et dans le contexte actuel. L’insistance obstinée des amis sud-coréens impressionne et porte des fruits, même s’ils ne sont pas encore mûrs.

Historique

Entendre encore fois Jürgen Moltmann parler à 91 ans de la joie de l’Evangile dans ce monde émeut.  Tout comme son témoignage d’amour à sa femme décédée l’an passé, ou son oeil pétillant à l’écoute de trois jeunes théologiennes qui se permettent de lui répondre.  On oublie toutes les disputes théologiques et les conflits politiques de l’époque. Chapeau bas!

Wittenberg

Les Eglises réformées font (enfin!) le pas de se joindre au grand train oecuménique en s’associant à un texte vieux de 18 ans sur la justification par la foi adopté par la Fédération Luthérienne Mondiale FLM et le Vatican, rejoint plus tard par l’Eglise méthodiste et récemment par les Anglicans. Le dialogue avec l’Eglise catholique a enfin une base dogmatique solide, et le processus de communion pleine entre Eglises réformées et luthériennes sur le plan mondial est (enfin) lancé. En Europe, où nous vivons depuis 45 ans dans la Communion de Leuenberg, nous ne mesurons peut-être pas assez ce que cette cérémonie  signifie pour les Eglises du Sud dans les décennies à venir. Un moment fort: les participants sont invités à saluer leurs voisins en se disant : „Que le Seigneur soit entre toi et moi, pour toujours“ (1 Samuel 20.42). Des poignées de main fortes, des échanges de regard intenses et inoubliables pour le reste de ma vie. La communion en vécu.

Notre Pavillon a été plébiscité par les délégués lors de leur visite

Dix jours de vie en délégation, cela marque aussi:  l’inconnu,  l’incompréhensible, la joie, la ferveur, la complicité, les longueurs insupportables vécues ensemble, cela aussi relève de la communion. Avec des soeurs motivées, curieuses, attentives. Un régal!

De g. à dr.: Catherine McMillan, Cécile Pache, Sarah Nicolet, Susanne Schneeberger, Maria Oppermann (habillées en Noir, car le jeudi est le jour de protestation contre les violences faites aux femmes)

Et pour finir un accord final, il faut un orchestre, magnifique,  transparent, rassurant, lumineux. Une expérience inoubliable.

Un concert lumineux le dernier soir
Transparence et lumière

 

Schlussakkord

Wenige Stunden vor Abschluss der Generalversammlung findet auf allen Ebenen bereits ein reger Austausch über die zentralen Themen der 26. Vollversammlung der aus der Reformation hervorgegangenen Kirchen statt. Der Anlass war ein Erfolg und wird in gewisser Hinsicht sogar in die Geschichte eingehen.

Erfolgreich
Man nahm sich Zeit, manchmal sogar ein bisschen viel Zeit, um zur Gemeinschaft der Kirchen zu finden. Doch es hat funktioniert. Je mehr Tage vergingen, desto intensiver wurde der Austausch, desto grösser der gegenseitige Respekt und desto einfacher die Konfliktlösungen. Die Versammlung fand in einer konzentrierten, ruhigen, herzlichen und ernsthaften Atmosphäre statt.

Die Gleichstellung der Frauen in Bezug auf ihren Platz und ihre Verantwortung innerhalb der Kirche wurde nachdrücklich bekräftigt. Es gab eine Erklärung zur Frauenordination, die Mehrheit des neu gewählten Vorstands sind Frauen und die libanesische Pfarrerin Najla Kassab wurde zur Präsidentin ernannt. Die Ungerechtigkeiten und die Gewalt gegen Frauen, auch innerhalb der Kirche, kamen ebenfalls zur Sprache.

Ein weiterer Höhepunkt war die Session zu Korea, obschon man sich der Bedeutung dieses Themas in jenem Augenblick gar nicht so bewusst war, da die Gespräche nach asiatischer Art äusserst präzis und sehr formell organisiert worden waren. Die Delegationen aus Nord- und Südkorea nahmen das Abendmahl gemeinsam ein und assen auch zusammen, was zeigte, wie sie unter der Trennung leiden und wie stark sie die Instrumentalisierung ihrer Spaltung durch die Grossmächte ablehnen. Wer hätte dies für möglich gehalten im aktuellen Kontext und nach der Versammlung des ÖRK in Busan (Südkorea), für die die nordkoreanische Delegation schliesslich gar kein Visum erhalten hatte. Die Beharrlichkeit der südkoreanischen Freunde ist beeindruckend und trägt Früchte, auch wenn diese noch nicht ausgereift sind.

Historisch
Dem 91-jährigen Jürgen Moltmann zuzuhören, wie er über die Frohbotschaft des Evangeliums in unserer Welt sprach, war äusserst berührend. Ebenso eindrücklich waren das Bekenntnis seiner Liebe zu seiner vor einem Jahr verstorbenen Frau und das Leuchten seiner Augen, als drei junge Theologinnen ihm antworteten. In solchen Momenten treten alle theologischen Streitfragen und aktuellen politischen Konflikte in den Hintergrund. Hut ab!

Wittenberg
Die reformierten Kirchen machen nun (endlich!) einen Schritt nach vorn und treten der breiten ökumenischen Bewegung bei, indem sie sich zu einem Text zur Rechtfertigungslehre des Lutherischen Weltbundes und dem Vatikan bekennen und dem sich später auch die Methodistenkirche und kürzlich die anglikanische Kirche angeschlossen haben. Der Dialog mit der katholischen Kirche beruht nun auf einer soliden dogmatischen Basis, und die Kommunion zwischen den reformierten und lutherischen Kirchen wurde nun (endlich) weltweit lanciert. In Europa, wo wir seit 45 Jahren in der Leuenberger Kirchengemeinschaft leben, sind wir uns vielleicht noch zu wenig bewusst, was diese Zeremonie in den kommenden Jahrzehnten für die Kirchen des Südens bedeuten wird. Ein weiterer eindrücklicher Moment: Die Anwesenden wurde eingeladen, ihre Nachbarinnen und Nachbarn mit den folgenden Worten zu grüssen: „Der Herr wird dich und mich für immer verbinden“ (1 Samuel 20.42). Ein starker Händedruck, intensive Blickkontakte, die ich Zeit meines Lebens nicht mehr vergessen werde. Die gelebte Gemeinschaft.
Zehn Tage Mitgliedschaft in einer Delegation prägen: Das Unbekannte, Unverständliche, die Freude, die Leidenschaft, die Komplizenschaft, die gemeinsam durchlebten unerträglichen Längen: Auch das gehört zur Gemeinschaft. Mit motivierten, interessierten, aufmerksamen Schwestern. Ein Vergnügen!

Und am Ende ein Schlussakkord eines wunderbaren Orchesters: transparent, ermutigend, leuchtend. Eine unvergessliche Erfahrung.

Hier stehen wir

Catherine McMillan
Catherine McMillan

“Hier stehe ich!» rief Najla Kassab, die libanesische Frau im Talar auf der Lutherkanzel in der voll besetzten Stadtkirche zu Wittenberg – und strahlte. Begeisterter Applaus. «Eine Frau aus dem Nahen Osten auf der Kanzel von Luther. Das hätte seine 96. Frage an die Kirche werden können – nicht, warum eine Frau auf dieser Kanzel, sondern warum hat es so lange gedauert?» Tosender Applaus. Die afrikanische Frau hinter mir fragte: «Ist sie die neue Präsidentin? Wunderbar!»

Najla Kassab predigt auf der Lutherkanzel

Das war nur eins der Highlights in diesem Meilenstein-Gottesdienst am 5. Juli, 2017, 500 Jahre nach Luthers Thesenanschlag in Wittenberg. Kassab ist die erste ordinierte Frau der National Evangelical Synod of Syria and Lebanon und nominiert als nächste Präsidentin der Weltgemeinschaft Reformierter Kirchen. Ich sass mit ihr mehrmals bis spät im Komitee «Vision und Botschaft», um eine neue Vision für die Weltgemeinschaft zu entwickeln. Ich bin persönlich von ihr begeistert!

Am Anfang des Gottesdienstes hatte uns der Vorsitzende des Rats der evangelischen Kirchen Deutschlands, Bischof Heinrich Bedford-Strohm, begrüsst: Heute wird Geschichte geschrieben! In einer zerrissenen Welt, in der Gewalt die Herrschaft zu übernehmen droht, zeigen wir hier, dass wir bereit sind als christliche Kirchen, auf das zu schauen, was uns eint. In der Liebe Jesu Christi werden wir überwinden, damit jeder Mensch in Würde leben kann. Das schaffen wir gemeinsam. So ungefähr die Worte, die er auf Englisch sprach.

Unterzeichnung der Gemeinsamen Erklärung zur Rechtfertigungslehre

Katholiken, Methodisten, Mennoniten und Reformierte leiteten den Gottesdienst. Feierlich schloss sich die Weltgemeinschaft Reformierter Kirchen der Gemeinsamen Erklärung zur Rechtfertigungslehre an. Diese hatten Katholiken und Lutheraner schon im Jahr 1999 nach jahrzehntelanger theologischer Gespräche unterschrieben. Im Jahr 2006 hatte sich der Weltrat Methodistischer Kirchen angeschlossen. Jetzt endlich auch die Reformierten, mit einer willkommenen Ergänzung über die Bedeutung der Rechtfertigung für Gerechtigkeit in der Welt. Dann unterzeichneten Vertreter des Lutherischen Weltbunds und der Weltgemeinschaft Reformierter Kirchen das Wittenberger Zeugnis. Alles, was wir zusammen voranbringen können, auf lokaler, regionaler und globaler Ebene, sollten wir gemeinsam tun.

Hoffentlich werden diese Akte zu Hause in Afrika, Amerika, Asien und Europa Konsequenzen haben und helfen, mehr Frieden zu stiften und mit einer Stimme Gerechtigkeit für alle einzufordern. So werden wir als Christen und Christinnen glaubwürdig.

Hunde im Haus

Maria Oppermann

Jesus ändert seine Meinung. Eine Frau überzeugt ihn mit ihrem Einsatz und ihren Argumenten. So müssen Frauen auftreten! Wenn Frauen etwas erreichen wollen, dann brauchen sie Argumente und Leidenschaft. Jesus ändert seine Meinung und verliert sein Gesicht nicht. So entsteht Gerechtigkeit. Auch zwischen den Geschlechtern.

„Meine Tochter wird von einem Dämonen gequält.“ Eine Frau fleht Jesus um Hilfe an. Aber Jesus antwortet mit keinem Wort. Diese schreiende Frau ist den Jüngern peinlich. Sie geht ihnen auf die Nerven. „Stell sie zufrieden!“, bitten sie. Er: „Es ist nicht Recht, den Kindern das Brot wegzunehmen und es den Hunden hinzuwerfen.“ Meint er mit den Kindern die Israeliten? Das Volk Gottes? Die Hunde, sind das die Fremden, wie diese Frau? Das ist hart. Aber die Frau lässt sich nicht unterkriegen. „Stimmt. Denn die Hunde fressen sowieso die Brotbrocken, die vom Tisch ihrer Herren fallen.“ Jesus ist beeindruckt. Eine Frau begegnet ihm auf Augenhöhe – eine Frau, eine Fremde, eine Unperson. (Matthäus 15, 21-28)

Diese spannende Bibelarbeit mit der Lateinamerikanerin Elsa Tamez fand am Dienstagmorgen statt mit allen Teilnehmenden der Konferenz. Es war wieder eine Frau, die diese Auslegung brachte. Geschlechtergerechtigkeit ist aber kein Frauenthema. Auch von Männern wird erwartet, dass sie sich für Geschlechtergerechtigkeit einsetzen und dafür auf die Bühne gehen.

Friede sei mit dir

Maria Oppermann

„Friede sei mit dir! Ich wünsche mir, dass ihr euch das zuruft.“, sagt Lee Jaechun von der koreanischen Delegation. Auf der Bühne stehen Männer und Frauen. Das Besondere: Sie kommen aus Nordkorea und Südkorea. Verfeindete Geschwister. Getrennt in der Folge des Zweiten Weltkriegs. Die Mächte rüsteten das Gebiet zur höchstmilitarisierten Zone der Welt. Russland und China in Nordkorea, die USA und Japan in Südkorea.

Die Reden der Vertreterinnen und Vertreter sprechen von ihrer Sehnsucht nach politischer Entspannung, nach Abrüstung und Wiedervereinigung. Aber auch von der Schwierigkeit der Stellvertretersituation, die sie einnehmen für die Weltmächte und wie wichtig es wäre, ohne Einmischung von aussen zueinander zu finden.

An dieser Konferenz setzten sie ein Zeichen. Am Tag zuvor feierten sie gemeinsam einen Gottesdienst mit einem Agapemahl und trafen sich anschliessend zu einem koreanischen Mittagessen.

Die Kerzenlichtrevolution in Südkorea steht für sie als Hoffnungszeichen. Bis zu zwei Millionen versammelten sich wöchentlich in Seoul und anderen Städten. Mit Kerzen in der Hand prangerten sie die sozialen und politischen Missstände des Landes an. Die Regierung wurde gestürzt. Das Volk hatte sich Gehör verschafft. Die Kerzenrevolution veränderte das politische Klima und stärkte die Hoffnung auf eine friedliche Wiedervereinigung.

Die Kirchen in Korea erleben die geteilte und verfeindete Situation des Landes als Widerspruch zum Willen Gottes, das Leben in Fülle zu sehen. Sie träumen davon, dass eines Tages die Kinder des Nordens und des Südens gemeinsam aufwachsen. Sie beten:

„Steh uns bei, lebendiger Gott. Erneuere und verwandle uns. Nimm die Spaltung von uns und schaffe eine Umgebung, in der ein Leben in Fülle möglich ist.“

 

Prière pour la paix

Cécile Pache
Cécile Pache

A 17h, nous nous sommes rendus à l’église St-Nicolas, pour la « prière pour la paix ». Cette prière du lundi soir a commencé dans les années 1980. Initiées par des groupes du mouvement de la paix en RDA, qui étaient rattachés aux Eglises, ces réunions permettaient de prier, de parler de son vécu et de ses espoirs, de protester, de se réfugier. L’église St-Nicolas est ainsi devenue un symbole de la révolution pacifique jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989.

Vivre cette prière avec la CMER a été un moment fort de communion. Lors de la célébration, des délégués de Colombie, du Nigeria et du Moyen-Orient ont partagé des nouvelles de leurs pays respectifs. Puis des représentants de différentes régions du monde ont intercédé : pour l’Afrique, l’Asie, les Caraïbes, l’Europe, l’Amérique latine, le Moyen-Orient, l’Amérique du Nord, et le Pacifique.

Prière pour la paix à l’église St-Nicolas
A la sortie de la prière, nous prenons une photo avec le président de la CMER. De gauche à droite: Sarah (déléguée suisse), Annapaola (déléguée italienne), Priscille (déléguée mauricienne), Jerry Pillay (président de la CMER), Cécile (déléguée suisse).

Etude biblique: notre mission

Cécile Pache
Cécile Pache

Lundi 3 juillet, la journée a commencé par une étude biblique sur Luc 4,16-21, introduite par Mitri Raheb. Ce pasteur luthérien de Palestine a explicitement fait le lien entre le contexte d’occupation romaine de l’époque de Jésus, et le contexte actuel de l’occupation en Palestine. Nous mettant en garde contre une spiritualisation systématique du texte biblique, il a souligné que la proclamation de Jésus dans ce texte est bien une mission politique, soit la libération de l’oppression religieuse et politique. Aussi, jusqu’à aujourd’hui, les chrétiens sont appelés à s’unir à cette mission. Jésus a besoin de nous pour l’accomplir.

Les discussions qui ont suivi en sous-groupes ont posé la question de qu’est-ce qui opprime dans nos différents contextes culturels, politiques et sociaux.

Une communauté aux dimensions du monde

Sarah Nicolet
Sarah Nicolet

Dimanche 2 juillet, c’est aux petites heures du matin que l’ensemble des participant-e-s à l’Assemblée générale s’est mis en route pour Berlin. A 5 h30, même si les mines étaient un peu fatiguées, chacun était sur son 31 pour embarquer dans la vingtaine de bus nous conduisant à Berlin.

Environ mille personnes se sont retrouvées dans le Dôme de Berlin, la plus grande église protestante d’Allemagne, pour un culte retransmis en direct à la télévision allemande. Ce dimanche, c’est une communauté aux dimensions du monde qui a célébré ensemble. Placé sous le thème « Témoins du Dieu vivant pour le monde », ce culte reflétait la diversité et la richesse des Eglises de la Réforme. Nous avons chanté, prié, loué Dieu en allemand, en anglais, en espagnol, en grec, en arabe, et même … en français.

Les membres de l’Assemblée réunis dans le Dôme de Berlin

La prédication, par la voix du secrétaire général Chris Ferguson, nous a rappelé de façon forte, le message de libération de l’Evangile, un message que Jésus adresse aux pauvres, aux prisonniers, à tous ceux qui sont marginalisés et brisés (Luc 4, 16-21).

Le secrétaire général de la CMER, Chris Ferguson

En écho, nous avons entendu trois témoignages sur les souffrances actuelles de notre humanité, que ce soient parmi les populations pauvres des Caraïbes, au sein des minorités opprimées en Indonésie ou, plus près de chez nous, dans les camps de réfugiés en Grèce, trois témoignages qui redisent à chacune et chacun de nous notre mission : nous tenir aux côtés de ceux et celles qui sont victimes de l’injustice.

Le Gospelkollektiv qui nous a accompagnés musicalement pendant le culte

Oui, ce dimanche matin, c’est bien le monde entier qui était présent dans le Dôme de Berlin !

Pour visionner le culte, cliquez ici.

Justice for women

Isabelle Phiri

Journée marathon ce samedi. Et émouvante à plus d’un titre. Les femmes en première ligne et au centre de l’attention. Isabel Phiri, Vice Présidente du Conseil oecuménique des Eglises COE, sous tend son discours sur la justice par un récit sur son action au Malawi en 1995 lors des marches de protestantion des femmes, et montre comment le soutien du réseau oecuménique a contribué directement à faire aboutir leur revendication. Elle montre aussi la fréquente ambivalence des Eglises dans la question des violences faites aux femmes. plus tard, Omega Bula anime un moment oÙ les participants sont invité à déposer un motif de lamentation et un motif d’espoir sur une représentation du monde. Parmis la délégation suisse, le mot „indifférence“ tombe, mais aussi celui de l’initiative pour entreprises responsables .

Woman’s Panel

L’ambivalence des Eglises est encore au coeur de deux moments inoubliables. Celui d’une sud-africaine tout d’abord, racontant une scène d’harcèlement  sexuel vécu pendant cette même assemblée. Puis Najila Kassab, pasteure enfin consacrée dans son Eglise au Liban, raconte son long et patient combat pour êtrre reconnue. Que de résilience! Que de souffrances endurées dans l’Eglise, causée par l’Eglise et ses responsables. Avec des mots choisis, un peu d‘ humour et beaucoup de compassion, la force des „faibles“ éclate aux yeux de tous. Une leçon de vie pour chacun.

pièce de théâtre
Pièce de théâtre

En début de soirée encore, une pièce de théâtre réalisée par des membres de l’Assemblée retrace le parcours émotionnel de l’espoir pour la justice et la paix, trompé et manipulé, mais qui reste intact malgré les épreuves.

Notre table