Accord final

Serge Fornerod

(deutsche Version unten)

A quelques heures de la clôture de l’Assemblée Générale, les premiers échanges sur les éléments centraux de cette 26e réunion des Eglises issues de la Réforme suisse se déroulent à tous les niveaux. L’Assemblée a été dans l’ensemble réussie, et pour certains aspects tout à fait historique.

Réussie

On s’est donné du temps, parfois même un peu beaucoup, pour être ensemble en communion d’Eglises. Cela a fonctionné. Plus les jours passent et les échanges s’intensifient, plus le respect mutuel croît et les conflits se résolvent aisément. L’Assemblée a été concentrée, calme, chaleureuse et sérieuse.

L’égalité de la place et de la responsabilité des femmes dans l’Eglise a été consolidée avec force. Outre la déclaration sur le ministère féminin, on soulignera la majorité de femmes élues au Comité Exécutif, avec bien sûr en plus l’élection d’une femme à la Présidence, Najla Kassab, pasteure au Liban. Mais aussi le temps consacré aux injustices et violences faites aux femmes, y compris dans les Eglises.

Un autre temps fort fut la session sur la Corée, même s’il n’a peut-être pas été perçu comme tel sur le Moment, car il été orchestré au millimètre et de manière très formelle selon le protocole asiatique. Des délégations de Corée de Nord et du Sud ont partagé la sainte Cène et un repas ensemble, ont témoigné de leurs souffrances face à la division, de leur rejet de l’instrumentalisation de leur division par des grandes puissances. Qui aurait cru cela possible après l’Assemblée du COE à Busan (Corée du Sud), où la délégation nord coréenne n’avait finalement pas obtenu de visa, et dans le contexte actuel. L’insistance obstinée des amis sud-coréens impressionne et porte des fruits, même s’ils ne sont pas encore mûrs.

Historique

Entendre encore fois Jürgen Moltmann parler à 91 ans de la joie de l’Evangile dans ce monde émeut.  Tout comme son témoignage d’amour à sa femme décédée l’an passé, ou son oeil pétillant à l’écoute de trois jeunes théologiennes qui se permettent de lui répondre.  On oublie toutes les disputes théologiques et les conflits politiques de l’époque. Chapeau bas!

Wittenberg

Les Eglises réformées font (enfin!) le pas de se joindre au grand train oecuménique en s’associant à un texte vieux de 18 ans sur la justification par la foi adopté par la Fédération Luthérienne Mondiale FLM et le Vatican, rejoint plus tard par l’Eglise méthodiste et récemment par les Anglicans. Le dialogue avec l’Eglise catholique a enfin une base dogmatique solide, et le processus de communion pleine entre Eglises réformées et luthériennes sur le plan mondial est (enfin) lancé. En Europe, où nous vivons depuis 45 ans dans la Communion de Leuenberg, nous ne mesurons peut-être pas assez ce que cette cérémonie  signifie pour les Eglises du Sud dans les décennies à venir. Un moment fort: les participants sont invités à saluer leurs voisins en se disant : „Que le Seigneur soit entre toi et moi, pour toujours“ (1 Samuel 20.42). Des poignées de main fortes, des échanges de regard intenses et inoubliables pour le reste de ma vie. La communion en vécu.

Notre Pavillon a été plébiscité par les délégués lors de leur visite

Dix jours de vie en délégation, cela marque aussi:  l’inconnu,  l’incompréhensible, la joie, la ferveur, la complicité, les longueurs insupportables vécues ensemble, cela aussi relève de la communion. Avec des soeurs motivées, curieuses, attentives. Un régal!

De g. à dr.: Catherine McMillan, Cécile Pache, Sarah Nicolet, Susanne Schneeberger, Maria Oppermann (habillées en Noir, car le jeudi est le jour de protestation contre les violences faites aux femmes)

Et pour finir un accord final, il faut un orchestre, magnifique,  transparent, rassurant, lumineux. Une expérience inoubliable.

Un concert lumineux le dernier soir
Transparence et lumière

 

Schlussakkord

Wenige Stunden vor Abschluss der Generalversammlung findet auf allen Ebenen bereits ein reger Austausch über die zentralen Themen der 26. Vollversammlung der aus der Reformation hervorgegangenen Kirchen statt. Der Anlass war ein Erfolg und wird in gewisser Hinsicht sogar in die Geschichte eingehen.

Erfolgreich
Man nahm sich Zeit, manchmal sogar ein bisschen viel Zeit, um zur Gemeinschaft der Kirchen zu finden. Doch es hat funktioniert. Je mehr Tage vergingen, desto intensiver wurde der Austausch, desto grösser der gegenseitige Respekt und desto einfacher die Konfliktlösungen. Die Versammlung fand in einer konzentrierten, ruhigen, herzlichen und ernsthaften Atmosphäre statt.

Die Gleichstellung der Frauen in Bezug auf ihren Platz und ihre Verantwortung innerhalb der Kirche wurde nachdrücklich bekräftigt. Es gab eine Erklärung zur Frauenordination, die Mehrheit des neu gewählten Vorstands sind Frauen und die libanesische Pfarrerin Najla Kassab wurde zur Präsidentin ernannt. Die Ungerechtigkeiten und die Gewalt gegen Frauen, auch innerhalb der Kirche, kamen ebenfalls zur Sprache.

Ein weiterer Höhepunkt war die Session zu Korea, obschon man sich der Bedeutung dieses Themas in jenem Augenblick gar nicht so bewusst war, da die Gespräche nach asiatischer Art äusserst präzis und sehr formell organisiert worden waren. Die Delegationen aus Nord- und Südkorea nahmen das Abendmahl gemeinsam ein und assen auch zusammen, was zeigte, wie sie unter der Trennung leiden und wie stark sie die Instrumentalisierung ihrer Spaltung durch die Grossmächte ablehnen. Wer hätte dies für möglich gehalten im aktuellen Kontext und nach der Versammlung des ÖRK in Busan (Südkorea), für die die nordkoreanische Delegation schliesslich gar kein Visum erhalten hatte. Die Beharrlichkeit der südkoreanischen Freunde ist beeindruckend und trägt Früchte, auch wenn diese noch nicht ausgereift sind.

Historisch
Dem 91-jährigen Jürgen Moltmann zuzuhören, wie er über die Frohbotschaft des Evangeliums in unserer Welt sprach, war äusserst berührend. Ebenso eindrücklich waren das Bekenntnis seiner Liebe zu seiner vor einem Jahr verstorbenen Frau und das Leuchten seiner Augen, als drei junge Theologinnen ihm antworteten. In solchen Momenten treten alle theologischen Streitfragen und aktuellen politischen Konflikte in den Hintergrund. Hut ab!

Wittenberg
Die reformierten Kirchen machen nun (endlich!) einen Schritt nach vorn und treten der breiten ökumenischen Bewegung bei, indem sie sich zu einem Text zur Rechtfertigungslehre des Lutherischen Weltbundes und dem Vatikan bekennen und dem sich später auch die Methodistenkirche und kürzlich die anglikanische Kirche angeschlossen haben. Der Dialog mit der katholischen Kirche beruht nun auf einer soliden dogmatischen Basis, und die Kommunion zwischen den reformierten und lutherischen Kirchen wurde nun (endlich) weltweit lanciert. In Europa, wo wir seit 45 Jahren in der Leuenberger Kirchengemeinschaft leben, sind wir uns vielleicht noch zu wenig bewusst, was diese Zeremonie in den kommenden Jahrzehnten für die Kirchen des Südens bedeuten wird. Ein weiterer eindrücklicher Moment: Die Anwesenden wurde eingeladen, ihre Nachbarinnen und Nachbarn mit den folgenden Worten zu grüssen: „Der Herr wird dich und mich für immer verbinden“ (1 Samuel 20.42). Ein starker Händedruck, intensive Blickkontakte, die ich Zeit meines Lebens nicht mehr vergessen werde. Die gelebte Gemeinschaft.
Zehn Tage Mitgliedschaft in einer Delegation prägen: Das Unbekannte, Unverständliche, die Freude, die Leidenschaft, die Komplizenschaft, die gemeinsam durchlebten unerträglichen Längen: Auch das gehört zur Gemeinschaft. Mit motivierten, interessierten, aufmerksamen Schwestern. Ein Vergnügen!

Und am Ende ein Schlussakkord eines wunderbaren Orchesters: transparent, ermutigend, leuchtend. Eine unvergessliche Erfahrung.

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